November 2013 Bulletin - Tazkiya

posted Nov 24, 2013, 7:29 AM by MAC Youth

Tazkiya

By Ayman Oweida
 
Purification of the heart is often perceived as an inward process of self-consciousness, accountability and development. Ultimately, this leads to a heart that is in many ways ‘free’.
 
When Prophet Muhammad received the first few verses of the Quran from his Lord, he went back to his wife, Khadija and said “Cover me, Cover me”. 
 
Muhammad did not expect prophecy; Infact, he was shocked by it.
Unlike many prophets, he wasn’t born to a Prophetic family.
When Prophet Muhammad went back to his wife, another few verses from the Quran were revealed: “Oh you who is covered in garments, get up and warn”!
 
The biography of Prophet Muhammad contains a detailed account of the time period preceding his prophecy. Muhammad used to seclude himself in a mountain near Mecca in a conscious effort to purify his heart and free it from lively contaminants. Ultimately, this tremendous effort of soul purification lead to the greatest responsibility that man has known: Islam.
 
AbuBakr was the Prophet’s closest friend. On the second day of having received the revelation, the Prophet sees AbuBakr and tells him of his magnificent experience in the cave of Hiraa. AbuBakr wholeheartedly believes in Muhammad and his message. At this timepoint, AbuBakr knows about 10 verses of the Quran. AbuBakr is not instructed by the prophet to call upon others and invite to Islam. Yet, on his first day of accepting Islam, AbuBakr brings to the Prophet 5 people who accepted Islam; none were from his tribe. These 5 companions are some of the giants who sacrificed their lives for the sake of Islam. These 5 companions along with AbuBakr were later named to the list of 10 people who were given glad tidings of paradise by the Prophet.
 
Much like the Prophet, AbuBakr’s sense of responsibility drove him to share this responsibility with others: starting from those whose hearts were closest to purity.
 
The first thoughts that often come to mind of a person with a pure heart, is someone who is in constant remembrance of God and whose night is filled with prayer and whose day is filled with Quranic recitation and memorization. But, neither Prophet Muhammad nor AbuBakr had the Quran at a point when their hearts were pure.
 
In contrast to AbuBakr on his first day of Islam, most of us have subscribed to Islam for a long time. We have the Quran happily resting on our shelves, downloaded on our phones, hung on our walls, memorized in our hearts and referenced in our conversations. Moreso, we have thousands of narrations from our Prophet, thousands of stories from his companions and followers and a historical account of his life.
 
Most of us memorize of the Quran more than AbuBakr did on his first day of Islam. Yet, AbuBakr’s sense of responsibility on that day far exceeds that of ours collectively. His urge to change the world to a better place with the limited resources he had was insurmountable. One could argue that AbuBakr was a fundamental cornerstone in the establishment of Islam on earth. As AbuBakr’s heart became more pure, his sense of responsibility increased. Yet, we on the other hand, continue to struggle with the very notion of purification of the heart and many will die without having taken a single responsibility towards establishing justice on earth.
 

L'Islam est une religion européenne

Par Tariq Ramadan
 

Le Temps: Après l’interdiction des minarets en Suisse, le Tessin prohibe le voile intégral. Comment expliquer cette crispation à l’égard de l’islam dans un pays jusque-là plutôt tolérant sur le plan religieux et pragmatique avec l’immigration?

- Tariq Ramadan: La Suisse ne fait pas exception à ce qu’on observe ailleurs en Europe. Les mouvements populistes ont beaucoup travaillé sur le renfermement identitaire, la définition de soi. Les mêmes groupes qui sont contre l’Europe peuvent être contre l’islam pour développer un discours qui prend auprès de populations qui peuvent avoir peur de la perte d’identité, de leurs anciens repères, et qui se renferment.

Ce sont des mouvements nationalistes, populistes. On l’a vu dans des pays extrêmement libéraux comme les Pays-Bas avec Geert Wilders prenant l’ascendant politique. L’UDC est dans la même démarche avec des affiches publicitaires, le symbole du mouton, qui ont choqué le monde. De la même façon, ils disent que l’islam est une religion étrangère. Elle ne fait pas partie du paysage suisse, de la culture suisse. Quatre éléments déterminent le mouvement populiste. D’abord, la pensée binaire, c’est-à-dire «il y a eux et il y a nous», on définit l’identité d’un «nous» restrictif. Ensuite, les réponses simples à des questions complexes: tous les problèmes que l’on a en Suisse sont dus à eux, c’est-à-dire le chômage, la sécurité, la place de la Suisse dans l’Europe, eh bien c’est eux.

Troisièmement, la politique victimaire, c’est-à-dire que nous sommes les victimes de quelque chose qui nous dépasse. Donc nous devons reprendre notre destin en main. L’UDC tient ce discours. Marine Le Pen, c’est exactement la même chose. Il y a «eux» qui sont considérés comme responsables de notre malheur, donc nous sommes les victimes, nous sommes en danger, la Suisse est en danger.

Et le quatrième élément est la politique émotionnelle, c’est-à-dire portée sur le fait divers qui émeut, l’anecdotique comme registre politique. L’UDC est le premier parti de Suisse. Mais cela reste un mouvement temporaire. C’est pourquoi je reste optimiste. Regardez ce qui se passe en Hollande. Geert Wilders est en train de perdre pied. J’ai débattu avec Marine Le Pen, avec Freysinger ou avec Blocher, des gens dont je ne partage pas l’idéologie. On est obligé de constater que leur discours prend, qu’il devient plus subtil. Mais on doit aussi remarquer deux choses qui sont paradoxales. Marine Le Pen est plus subtile que son père, elle change un tout petit peu de registre. Il y a une volonté d’intégrer différemment la question de l’identité. Et d’un autre côté, son discours, qui était totalement marginal, est devenu quelque chose qu’on entend chez Valls à gauche, chez Sarkozy à droite. Donc le vrai danger de ce discours n’est pas qu’il reste dans les partis populistes, c’est qu’il se diffuse dans les autres partis.

C’est la note pessimiste. Je suis Suisse, partout où je vais dans le monde je me dis Suisse, c’est mon identité. Il y a aujourd’hui des millions d’Européens de confession musulmane et il va y avoir un phénomène de normalisation. Ceux qui jouent de ces politiques émotionnelles devraient passer, mais c’est pour l’heure inquiétant.

Lien de l'article: http://tariqramadan.com/blog/2013/11/07/lislam-est-une-religion-europeenne-le-temps-05112013/

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